Thierry MONTEIL répond aux questions

Thierry MONTEIL, porteur du projet de direction de direction du département GEI 2021-2023 répond aux questions des enseignants et étudiants.

Question: Votre projet de direction du GEI inclut une réforme en profondeur de la 4ème et 5ème année, qui inquiète les étudiants et le personnel du département. Avez-vous conscience de cette inquiétude ?

Thierry MONTEIL: La démarche que nous avons entreprise pour créer ce projet a été d’une part de faire un bilan des difficultés actuelles puis de proposer à la fois des solutions très concrètes pour résoudre ces problèmes mais aussi d’être à même de ramener une capacité à envisager les évolutions dans le futur plus sereinement. Cela implique des changements pour le département. Mais si on y regarde de près, un certain nombre sont déjà dans les tuyaux, d’autres sont dans la ligne directrice de la direction de l’INSA ou tout simplement issus de ce que l’on retrouve dans d’autres établissements.

La période actuelle a amplifié un phénomène d'inquiétude qui est légitime face à tout changement.  Même si ce projet a fait l’objet de 2 rencontres avec le personnel du GEI, de 2 rencontres avec les étudiants élus, d’un espace partagé, ce qui en fait probablement un des projets de direction au GEI où il y a eu le plus de rencontres, elles ne sont restées que virtuelles. Comme pour l’enseignement, on constate qu’un échange direct est plus riche  et permet de mieux transmettre l'information.

Maintenant, il y a des choses qui permettent de se rassurer, une équipe de direction avec 6 personnes couvrant presque toutes les thématiques du GEI, mélangeant des personnes expérimentées et plus jeunes, très impliqués depuis toujours dans les formations et l’éco-système du GEI, une volonté de fixer les grands lignes du projet mais de laisser le collectif co-construire la solution permettant de les atteindre. .

Question: avez vous en projet de supprimer la filière Ingénierie Système ?

Thierry MONTEIL : Je considère la filière IS comme une filière importante, originale de part la co-organisation avec le département Génie Mécanique, répondant à un réel besoin industriel. Cependant, au même titre que les filières AE et IR, je souhaite initier des discussions visant à identifier les manques et faire évoluer les contenus au plus près des besoins industriels. Le département GM souhaite aussi évoluer à travers notamment le recrutement d’un nouvel enseignant. L’idée est bien de conjointement faire évoluer IS. Donc non ce projet n’a pas l’objectif de supprimer la filière IS.

Question: est-il vrai que le parcours ISS va disparaître? Si oui, pourquoi supprimer ce que vous avez contribué à créer? Sinon, un étudiant ayant pour projet les "Smart Sytems" pourra-t-il bénédicier des cours actuels, notamment en Anglais et avec une validation sous forme de portefolio de compétences ?

Thierry MONTEIL: La 5ISS a été pensée, il y a 6 ans et n’a pas évolué depuis, mais l’industrie a évolué. On sent un rapprochement très net entre le monde de l’embarqué et l’IoT, l’exemple du véhicule autonome connecté en est un très bon exemple. A côté de cela nous avons les filières SIEC, ESPE qui ont aussi de très bons atouts, mais qui peinent à trouver leur public étudiants. Nous voyons aussi des recouvrements dans les sujets traités par ces parcours. 

L’objectif est de remettre les choses sur la table et d’en profiter pour créer 2 parcours qui aient chacun une identité forte en prenant le meilleur de ces 3 formations. Si on regarde les tendances sur quelques mots clés (voir image ci-dessous), on voit que le terme à afficher en premier pour la visibilité est  IoT et on en le retrouve pas actuellement même si ISS cible clairement cela. Ce sera aussi l’occasion de combler des manques dans ces formations et d’intégrer les modifications de thématiques qui ont commencé en 3A et 4A depuis quelques années.

Après la majorité des cours de l'actuel 5ISS seront accessibles, c’est aussi une force de ce projet de laisser à l’étudiant une certaine liberté de construire son parcours en fonction de ce qu’il souhaite. Concernant l'offre de cours en Anglais, elle sera non seulement maintenue, mais aussi encouragée en lien avec les appels d'offre de l'INSA.

Question: Vous souhaitez remplacer les responsables d’années de chaque option de 4ème et 5ème année par seulement un responsable de 4A et un de 5A. N'est-ce pas au détriment de l’aspect humain et de la proximité avec les étudiants ?

Thierry MONTEIL: Si on regarde la lettre de mission d’un responsable d’année (RA), il doit:

  1. représenter en interne et en externe son année, dans les faits c’est au cas par cas RA, enseignants spécialisés, directeur des études et directeur
  2. enseigner dans l’année dont il est responsable, dans les faits on essaie au maximum mais parfois cela n’a pas été le cas ou dans d’autres c’est très ponctuel
  3. gérer les emplois du temps avec le secrétariat
  4. avoir un contact privilégié avec les étudiants
  5. valider les stages
  6. participer à la répartition des tuteurs INSA pour les stages
  7. organiser le pré-jury dans les faits ces dernières années cela a plutôt été fait par le directeur des études
  8. participer en collaboration avec les RI au rayonnement international et industriel, dans les faits cela a été plutôt une tâche dédiée au RI

De ce bilan, le projet propose de coller mieux à la réalité et gagner en réactivité et en simplicité :

  • 2 directeurs adjoints des études : 1) en s’appuyant sur les enseignants experts, 4) comme cela se fait au STPI où les exemples d’Hélène Carrere ou Violaine Roussier-Michon montrent que cela marche aussi depuis des années,5) 7)
  • directeur adjoint des RI : 8)
  • Responsable d’UF : 2), 3), 4) notamment sur les aspects pédagogiques
  • ensembles des enseignants et directeur des études : 6)

 

Il est vrai que les responsables d'année et d'options sont aujourd'hui les contacts privilégiés des étudiants mais ils peuvent avoir des difficultés à traiter l’aspect pédagogique avec les étudiants car ils ne sont pas experts sur tous les UF et il leur manque parfois des informations ou un pouvoir de décision que seul un directeur des études peut avoir. Le fait de découpler l’aspect pédagogique et de renforcer la direction des études avec 2 directeurs adjoints, un sur chaque année vise à combler cela tout en garantissant une capacité du directeur des études de suivre précisément le parcours de nos étudiants.

 

Question: Etes-vous sensibilisé à la question de la hausse des droits d’inscription pour les étudiants français et européens ? Avez-vous prévu des actions pour défendre les frais d'inscriptions au niveau actuel?

Thierry MONTEIL: Les décisions concernant les droits d’inscription sont prises au niveau de la direction de l’INSA Toulouse et du conseil d’administration, et non au niveau du département GEI. Toutefois, certains collègues interviennent dans les instances administratives et portent la parole des enseignants et  des étudiants. D’autres, en charge de formations spécifiquement ouvertes à l’international (Master of Sciences, Master Spécialisés), peuvent aussi porter la parole des élus lors des décisions touchant aux frais spécifiques d’inscription. C’est un travail collectif qui va au delà du directeur. 

 

Question: Souhaitez-vous maintenir, voire développer les certifications telles que CISCO ou Habilitation Électrique?

Thierry MONTEIL : J’ai dirigé la mise en place des certifications Cisco et je travaille aussi dans le cadre de la chaire actia sur une intégration dans le cursus de l’Habilitation Electrique avec les autres enseignants du GEI.  Les certifications sont un outil intéressant qu’il faut maintenir mais cela doit rester quelque chose d’optionnel n’intervenant en rien dans la diplomation quand c’est très lié à un industriel. 

 

Question: Une mise en place de la réforme de la 5A dès Septembre 2021 n'est-elle pas précipitée? Pourquoi ne pas se donner un an de réflexion et d'échanges?

Thierry MONTEIL: Le projet de réforme devrait prendre 4 à 6 mois. Un agenda prévisionnel a été publié dans l'actualité qui présente les grandes lignes de mon projet. La méthodologie sera discutée avec tous en détail en janvier, mais le planning prévisionnel que l’équipe a réfléchi tient la route. Il faut bien voir que les modules d’enseignements existent dans leur grande majorité, ils vont être un peu “toilettés”, mais le projet proposé est plus un projet de réorganisation et de meilleure mise en valeur de notre offre de formation comme demandée par la CTI.

Un décalage d’un an correspondrait à la mise en place de la réforme en 5A en 2022, puis une réforme 4A en 2023. Le mandat de la direction étant 2021-2023, l'équipe de direction s'engagerait dans un train de réformes mais ne pourrait pas analyser et valider la réforme dans la période des 3 ans. De plus, mettre en place une filière d’apprentissage dans les conditions actuelles nous semble impossible et d’ailleurs la réflexion n’a pas pu avancer depuis l’accréditation par la CTI.

 

Question: Dans votre projet de réforme, les UF passeraient à 45h et seraient programmées par périodes ? Quel est l'avantage de ce genre de format?

Thierry MONTEIL: Ce format permet de dédier un créneau régulier (typiquement une demi-journée) sur une période pré-établie (7 semaines environ). Le créneau régulier facilite la mise en place des emplois du temps et renforce le rôle du responsable d’UF qui organise le séquencement selon ses objectifs pédagogiques. La pédagogie doit évidemment être repensée mais les UF contiendront plusieurs unités d’enseignement différentes : il n’est pas question ici de faire une demi-journée du même cours magistral à la suite. Si on y regarde bien c’est ce qu’il se passe actuellement sur certaines formations comme TLS-SEC par exemple sur la partie faite à l’INSA Toulouse.

Question: Quel rôle les étudiants vont-ils jouer dans le cadre de votre projet de direction et de projet de réforme?

Thierry MONTEIL: Les étudiants ont été consultés lors du montage du projet, ce qui a donné lieu à un sondage et un retour d’information très constructif. Les étudiants, notamment les élus du conseil de département, seront consultés très régulièrement, dans les périodes de construction de la réforme 5A (début 2021) et 4A (début 2022) à travers le conseil de département, le conseil de prfectionnement et autant que nécessaire. On espère aussi que nous pourrons à partir de la mi 2021 de nouveau avoir des échanges en AG avec l’ensemble des étudiants.

Question: Comment garantir que les étudiants de 4A pourront obtenir dans leur large majorité le parcours qu'ils souhaitent en 5ème année ?

Thierry MONTEIL: Le fait de resserrer un peu le nombre de parcours et d’options en évitant la duplication, de se baser sur une approche modulaire des UF garantit une ouverture de l’ensemble des UF prévues. La volonté de cette équipe est de ne pas mettre de quota sur les formations. Toutefois, il pourra rester une contrainte en termes de matériel, de salle ou de personnel notamment pour les TP mais l’objectif est de travailler sur ces points pour les dépasser à terme. Nous avons déjà commencé dans la phase d’étude de faisabilité à identifier notamment en automatique des points à anticiper. 

Il reste que même si pour une UF, il y avait un problème fort, un passage en mode “ à la carte”  avec le choix d’une autre UF serait possible dans ce modèle de fonctionnement.

 

Question: La réforme proposée ne va-t-elle pas générer de la complexité et alourdir les charges administratives, alors que votre idée initiale était de la réduire et de dégager du temps, notamment pour la recherche ?

Thierry MONTEIL: Nos collègues du GEI ont pris conscience que le projet aura un impact non négligeable sur la formation, le format et le contenu des UF, qu’il y a du travail, des concertations et d'inévitables difficultés pour le mettre en œuvre. Notre but à horizon 2022 est bien la réduction de la complexité de l’offre de formation, la baisse de la charge administrative au niveau des enseignants, mais aussi la maîtrise budgétaire et une meilleure flexibilité pour l'organisation des études. Nous sommes conscients de l'effort collectif que va représenter la recherche des meilleures solutions pour une mise en place efficace de la réforme. Cet effort sera concentré au 2ème semestre 2021/1er semestre 2022 pour la 4A et le 1er semestre 2021 pour la 5A. La philosophie de l’équipe reste la co-construction par le collectif. Si on regarde le passé sur la création des formations ISS, ESPE ou bien SIEC cela s’est fait en quelques mois et pour certaines en quelques réunions. Il ne faut pas surestimer le travail à accomplir non plus.

Question: Comment allez-vous mettre en place les discussions avec les autres établissements et les PTP? Allez-vous imposer des contraintes et obliger à déconstruire les parcours existants comme le master VALDOM ou le PTP énergie ou Risk Engineering? Des discussions ont-elles déjà eu lieu?

Thierry MONTEIL: Le travail à réaliser sur ces différentes formations n’est pas le même. Pour l’instant la prise de contact a été assez restreinte au gré des rencontres et plutôt dans un esprit informatif pour prévenir que le département allait probablement repenser son organisation et qu’il faudrait en discuter. Aller plus loin pour l’instant nous semble difficile car cela implique un travail en amont entre les enseignants et une légitimité pour mener ce travail. 

Question : les 4 parcours envisagés sont-ils d’ores et déjà figés au niveau thématique?

Thierry MONTEIL: Comme précisé dans l’actualité “grandes lignes du projet de direction pour le GEI”, les discussions sur l’évolution du contenu 5A démarreront en Janvier 2021. La finalisation des maquettes de 5A est prévue pour Avril. L’une des étapes préliminaires sera la définition des mots clés pour chaque parcours, l’équipe de direction proposera quelques mots clés pour initier le processus mais l’affichage et le contenu final seront construits collectivement et donc à ce stade, rien n’est décidé ni figé bien sûr.

 

Question : la disparition des options en 4A et en 5A que vous envisagez ne va-t-elle pas appauvrir la formation?

Thierry MONTEIL: La restructuration en parcours modulaires devrait au contraire enrichir la formation, en permettant à l’étudiant de suivre un parcours personnalisé. Un de nos bras de levier est le passage de certains cours de 4A en 3ème année, et certains cours de 5A en 4A, permettant de libérer des heures pour adresser des sujets devenus critiques pour l’industrie.

 


Mise à jour ES 15/12/2020