Départ à la retraite de Jean-Louis NOULLET

Jean-Louis NOULLET a accompli 45 années d'activité professionnelle qui se répartissent en 35 ans d'enseignement en formation initiale et 10 ans d'activité dans le secteur privé industriel, avec les rôles d’ingénieur et de formateur en formation continue. Son expérience de la vie d’entreprise a un effet bénéfique sur la qualité de ses activités de formation de futurs ingénieurs.

Coopération avec l'IRAP

Du point de vue de la recherche, l’élément à retenir a été sa contribution à la conception du télescope spatial Herschel. Plus précisément il a conçu les circuits intégrés spécifiques (ASICs) constituant la partie numérique (autocorrélateur) du spectromètre à haute résolution (instrument HiFi).
La mission du télescope spatial Herschel s’est déroulée avec succès de Mai 2009 à Avril 2013 en orbite autour du Soleil à 1,5 millions de km de la Terre, et ses observations dans l’infra-rouge lointain, encore en cours de dépouillement, enrichissent notre connaissance de l’univers et de son histoire.
Son implication dans le projet a commencé en 1993, quand les chercheurs du Centre d’Etudes Spatiale des Rayonnements (CESR Toulouse, devenu depuis l’IRAP) l’ont sollicité pour la réalisation d’un prototype d’autocorrélateur intégré, pour un projet qui s’appelait à l’époque FIRST (Far InfraRed Space Telescope).


Le prototype de spectromètre du CESR, incluant une première génération d’ASICs conçus par Jean-Louis Noullet a remporté l’appel d’offres de l'Agence Spatiale Européenne. Il a alors travaillé sur une seconde génération plus performante, avec un doctorant, Mr Laurent Ravera, ingénieur INSA-AE, dont il a co-encadré la thèse. Aujourd’hui, des chercheurs de l'IRAP préparent la mission qui succédera à Herschel avec une nouvelle génération d’instrument spatial pour l’observation en infra-rouge lointain.

Jean-Louis NOULLET est auteur et co-auteur de plus de 50 contributions scientifiques.

Contribution au développement de l'AIME

Du point de vue de l’enseignement, un élément significatif de l'activité de Jean-Louis Noullet a été sa contribution au développement de l’Atelier Interuniversitaire de Micro-Electronique (AIME).
Situé sur le campus de l’INSA de Toulouse, l’AIME est un centre de ressources mutualisées pour l’enseignement des micro- et nano-technologies, fonctionnant sous la tutelle de l’INSA, l’Université Paul Sabatier et le LAAS/CNRS. Les ressources de l’AIME sont aussi à disposition des chercheurs et industriels.


Il n’y a pas d’enseignant affecté à l’AIME ni d’équipe de recherche basée sur place, c’est en tant qu’enseignant à l’INSA qu'il a été amené à travailler à l’AIME à partir de 1986, pour encadrer des élèves de l’INSA puis d’autres établissement régionaux associés dans le cadre du Pôle de Formation en Micro-électronique de Toulouse.
L’AIME possède une centrale de technologie ou “salle blanche” initialement dédiée à la technologie de semi-conducteurs à base de silicium. Un processus de fabrication de transistors MOS a été mis en place avec l’apport du savoir-faire des chercheurs du LAAS.


Ce processus a permis de proposer des stages d’une semaine où, partant d’une plaque de silicium vierge, les étudiants pouvaient fabriquer puis tester des puces contenant chacune 2 transistors.
Jean-Louis Noullet a entrepris de faire évoluer ce processus vers plus d’intégration, et en 1998 il a rendu possible la fabrication par les étudiants de circuits intégrés contenant chacun plus de 100 transistors MOS et illustrant des structures de base de l’électronique numérique (circuits combinatoires et séquentiels) et analogique (triggers, oscillateurs).

En plus de son objectif d’illustration d’une technologie dominante de l’industrie, ce processus sert de substrat à des expériences de nano-technologie proposées par les chercheurs du LPCNO et utilisées dans le cadre de l’enseignement du Département de Physique de l’INSA depuis 2009 (mémoires non-volatiles utilisant des nanocristaux de silicium).

Ce processus était encore en service en 2018, il a été réalisé par plus de 5000 étudiants.